L'accessoire, reflet d'une vie intérieure

Quand ils sont choisis et utilisés à bon escient, les accessoires enrichissent le champ sémantique d'une séquence. Dans plusieurs films classiques, comme Citizen Kane (la boule de neige) ou Raging Bull (la télé en panne), un accessoire unique traduit la situation du héros.

L'exemple cinématographique donné ici est tiré de Raging Bull. Lorsque le boxeur professionnel Jake La Motta commence à perdre ses moyens, iI entretient une paranoïa de plus en plus aiguë envers ceux qui l'entourent.

Dans cette séquence, Jake est chez lui en train de régler l'image de son téléviseur. Tout d'abord, le signal de la télévision arrive par intermittence, tout comme la santé mentale de Jake. Lorsque sa femme entre et embrasse son beau-frère sur la bouche, la paranoïa de Jake explose. La télévision est alors complètement détraquée.

L'image de la télévision est brillamment exploitée pour exprimer le trouble mental du héros, qui atteint son paroxysme au moment où il s'en prend à sa femme et à son frère. À la fin de la séquence, Jake revient s'asseoir devant la télévision, qui reflète de nouveau son état mental. II est maintenant comme une poupée de chiffon, complètement vidé et seul, et fixe l'écran qui ne diffuse rien d'autre que des bandes horizontales.

Dans cet extrait de Dolores Clairborne, lorsque l'héroïne veut fuir sa mère et qu'elle se retrouve sur le bac qu'elle empruntait avec son père, elle entre dans les toilettes et voit ceci dans la glace. Le réalisateur exprime à travers l'objet "miroir" tout le désarroi de l'héroïne, se cachant la vérité à elle-même. L'ayant finalement découverte, elle retourne voir sa mère pour la défendre face à la justice masculine.