Le gros plan et le très gros plan

Le gros plan

Un gros plan (GP) cadre le visage d'un personnage jusqu'à la naissance du cou. Un « très gros plan » (TGP) est un plan encore plus serré, qui ne cadre qu'une partie du visage - les yeux ou les lèvres, par exemple. Le gros plan fait plus volontiers référence à une personne, tandis que le « plan de détail » s'attache généralement aux objets.

L'exemple cinématographique retenu ici est un gros-plan tiré de La Leçon de piano. Dans ce film, Jane Campion multiplie les gros plans dramatiques sur l'héroïne. Dans le premier gros plan du film, qui dure un peu plus de vingt secondes, la réalisatrice ajoute un mouvement d'appareil. L'intimité avec l'héroïne que crée le gros plan nous fait ressentir de l'empathie.

Jane Campion confère un surcroît d'émotion au plan en s'aidant de la nature, elle s'assure tantôt le concours d'un ciel orageux, tantôt celui d'un ciel d'orage.

Elle utilise dans le gros plan cité les traînées des gouttes de pluie pour enrichir la signification de son plan. Le mouvement naturel de ces éléments s'oppose directement au regard fixe d'Ada. Cette juxtaposition souligne la manière dont l'héroïne enfouit profondément ses émotions, même lorsqu'on ne la regarde pas. II en résulte un effet singulier : Ada reste immobile tandis que les gouttes dynamisent l'image. En allant contre nos attentes, Jane Campion donne de cette façon une métaphore visuelle du tourment intime du personnage.

La valeur dramaturgique du gros plan est forte : il permet une proximité physique et établit une relation d'intimité avec le sujet filmé. Plus nous sommes près d'un personnage, plus nous éprouvons d'empathie pour lui. Le gros plan peut également provoquer de la peur ou du dégoût de la part du spectateur, contraint de rester en compagnie d'un personnage pour lequel il éprouve de la haine.

Le très gros plan (TGP) ou plan de détail

Toutes les focales, du grand angulaire au téléobjectif, permettent de réaliser un gros plan ou plan de détail ; chacune a ses caractéristiques visuelles propres. En faisant apparaître un objet plus gros qu'il n'est en réalité, le très gros plan dramatise encore plus l'image.

Le très gros plan nous montre de façon inattendue les objets ou les êtres que nous avons l'habitude de voir, les imposant par là même à notre mémoire, et permet de mettre en relief une scène qui, pour des raisons dramatiques, doit être détachée des autres scènes du film.