La caméra à l'oeuvre

#1 - Tableaux et sculptures

par Jean-Philippe Delalandre

1 - Faire « parler » un tableau

2 - Animer une sculpture

3 - Extraire un objet de son environnement

4 - Utiliser l'environnement

5 - Musées, quels sont les droits ?

Voici quelques astuces pour animer les objets inertes, tableaux ou sculptures, leur donner du mouvement ou leur faire raconter une histoire. Pour « mettre un peu de vie dans son art et d'art dans sa vie »

1 - Faire « parler » un tableau

Si vous vous trouvez dans un contexte où il est possible d'installer un pied, n'hésitez pas à employer cet accessoire pour filmer les tableaux. Ici, quelques règles élémentaires s'imposent. Tout d'abord, il convient de faire en sorte que l'axe de la caméra soit rigoureusement perpendiculaire au plan du tableau, dans son centre. En outre, la caméra doit être placée à une distance du tableau qui corresponde, pour une vue globale, à l'emploi d'une focale moyenne (l'équivalent de 70 mm en 24 x 36) et cela, afin d'éviter toute distorsion géométrique.

En raison des risques colorimétriques provenant de sources de lumière multiples, n'oubliez pas, pour respecter les couleurs originales de l'oeuvre, de faire une balance des blancs, au niveau même du tableau, si celui-ci est éclairé directement. La mise au point doit être effectuée avec un diaphragme à pleine ouverture, en zoomant au maximum sur la toile. Vous pouvez commencer par une vue globale, puis zoomer sur un détail qui sera le point de départ de la "visite du tableau". Il est préférable de réaliser cette opération en plusieurs prises, afin d'alterner mouvements de caméra (dans ce cas, mieux vaut débrayer le stabilisateur optique pour obtenir des arrêts francs) et plans fixes. Multipliez les valeurs de plan en utilisant, par exemple, le zoom en vue et opérer au montage un raccord dans l'axe d'images fixes. On peut partir d'un détail infime, illisible en tant que tel, puis élargir progressivement le cadre (zoom arrière) pour montrer une partie significative du tableau. La caméra peut ensuite se promener sur la toile accompagnée d'un commentaire ou d'un simple canevas, qu'il est préférable d'écrire ou de planifier avant le tournage afin de faire vivre le tableau, d'en révéler le sens. Un bon exemple de cette méthode est fourni sur le site Internet du Louvre, où l'on peut voir, par exemple, analysé et commenté, Le Sacre de Napoléon de David, oeuvre dont Napoléon disait : "Ce n'est pas une peinture, on marche dans ce tableau." Principe applicable à toute production picturale, abstraite ou figurative...

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2 - Animer une sculpture

Filmer une sculpture ou un objet, pour lui donner une apparence tridimensionnelle, peut se faire de plusieurs manières. La plus simple consiste à tourner autour de l'oeuvre afin de la montrer sous divers angles. Dans l'intérêt du montage, mieux vaut se donner le choix entre plusieurs options : tour complet ou partiel dans les deux sens, à différentes distances de l'objet.

Une autre méthode, caméra sur pied consiste à choisir un cadre fixe, et à jouer sur des mouvements de lumière afin de mettre en valeur les reliefs de l'objet et de déplacer son ombre portée sur le mur arrière. Tout dépend de l'éclairage initial, les sources lumineuses présentes peuvent déjà produire des ombres portées ! Dans le cas contraire, si l'éclairage n'est pas trop intense, il suffit de désolidariser la torche de la caméra et de lui imprime un mouvement régulier : de gauche à droite selon une trajectoire montante, par exemple. Effets garantis. Si la lumière ambiante est trop forte, la torche ne suffira pas! Il est alors plus esthétique de réduire la profondeur de champ (zone de netteté), afin que l'ombre portée ait des contours estompés, ce qui permet de faire abstraction de l'environnement.

Ici, on a le choix entre plusieurs méthodes : faire se succéder les plans fixes (en suivant le sens du regard des personnages), puis procéder à un zoom arrière ou mêler plans fixes et panoramiques.

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3 - Extraire un objet de son environnement

Détacher une sculpture de son arrière-plan afin d'éviter que celui-ci ne parasite l'image c'est maîtriser la profondeur de champ. Filmer un objet sur fond blanc ne pose guère ce problème. Mais les conditions, lorsqu'on tourne dans un musée, ne sont pas toujours idéales : l'oeuvre peut être placée devant d'autres objets ou des tableaux en arrière plan. L'objet filmé risque de se confondre avec son environnement et de s'y perdre générant une image peu lisible. Vous devez donc diminuer la zone de netteté afin que le fond soit flou et que l'objet s'en détache bien. Dans ce cas, il est nécessaire de débrayer les automatismes de la caméra pour en contrôler les paramètres.

Le placement de celle-ci a aussi son importance : éloignée de l'objet, elle vous oblige à choisir une focale longue, réduisant de facto la profondeur de champ. Reste à effectuer la netteté. Une mise au point automatique risquerait de prendre comme référence l'arrière-plan et non l'objet lui-même, surtout si celui-ci est décadré dans votre composition de l'image. Il faut donc procéder à une mise au point manuelle sur l'objet, longueur focale et ouverture du diaphragme maximales, avant de revenir au cadre voulu.

Tout dépend en fait de la puissance de l'éclairage. Plus celui-ci est intense plus vous aurez de latitude d'action. Afin d'ouvrir le diaphragme à fond (condition d'une réduction de la profondeur de champ), tout en évitant la surexposition, vous pouvez utiliser des filtres gris neutres. Certains camescopes en disposent (vous pouvez en ajouter devant l'optique) ou augmenter la vitesse de l'obturateur, en réduisant le temps de pose pour limiter l'exposition des capteurs à la lumière. Si l'éclairage est discret, il est plus facile d'utiliser l'optique à grande ouverture, condition nécessaire pour diminuer la zone de netteté. Si l'éclairage est trop faible, vous devrez peut-être recourir au gain, mais pensez à continuer à travailler à pleine ouverture. Dans les mêmes conditions, vous pouvez aussi vous amuser à changer la mise au point, pour passer de l'objet du premier plan à un tableau situé au fond, et dans ce cas, c'est votre premier plan qui deviendra flou. N'hésitez pas à créer des images vivantes, en insufflant du mouvement aux scènes tournées.

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4 - Utiliser l'environnement

Si ce tournage s'effectue dans un cadre intéressant ou qu'il s'inscrit dans la visite d'un monument ou d'un musée, soyez attentifs aux occasions offertes par le site. Ne lésinez pas sur les plans de coupe, toujours utiles lors du montage qui ne suivra pas nécessairement l'ordre de la découverte des lieux. Profitez du contexte pour transformer vos contraintes en atouts. Dans un espace public, cela peut être la présence de visiteurs. Recherchez alors l'insolite : filmez les attitudes parfois comiques d'un touriste contemplant une oeuvre (en plaçant la caméra derrière lui, pour le cadrer de dos face à la toile), ou encore prenez les pieds des visiteurs déambulant en groupes dans les salles (eux, au moins, ne vous parleront pas de « droit à l'image » !).

Utilisez les possibilités que vous offre l'architecture des lieux : filmez, lorsque c'est possible, l'oeuvre d'un point situé en hauteur (premier étage en travée, ouvert en son centre pour laisser passer la lumière ou, au pis, le haut d'un escalier). Et sachez que l'espace lui-même peut avoir son importance : replacez les oeuvres dans leur contexte au moyen de plans larges. Un musée moderne, construit idéalement pour accueillir des chefs-d'oeuvre, est souvent, à lui seul, une oeuvre d'art ! Dans des lieux anciens, arrêtez-vous sur les détails de construction (bas-relief, frise, lustre, etc.) et au montage, enregistrez éventuellement un commentaire ou montez une bande sonore musicale variée, changeant au rythme de l'apparition des oeuvres. De préférence, choisissez-en une en conformité avec l'esprit des lieux...

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5 - Musées, quels sont les droits ?

A priori, dans la plupart des musées ou expositions, appareils photo et camescopes de poing, voire d'épaule, sont autorisés ou du moins tolérés. Des constantes : l'usage de flashes ou de lumières artificielles (torches) est interdit en raison des risques de dégradation des peintures ; ainsi que toute image de l'environnement technique, pour des raisons de sécurité (systèmes antivol, principalement). La pose d'un pied est généralement rédhibitoire : elle marque la distinction entre prise de vues amateur et professionnelle. Un responsable du musée Picasso dit vouloir éviter que les visiteurs « se prennent les pieds dans le pied », évoquant la gêne occasionnée. Suivant les lieux et les pays, les restrictions de tournage peuvent beaucoup varier. Enfin, filmer dans une exposition, où le contact direct entre l'auteur d'une œuvre et le vidéaste peut s'établir, est souvent moins contraignant et offre une plus grande liberté d'action.

Le site de l'université de Grenoble www.grenoble-universites.fr présente, sous l'appellation Une minute, une oeuvre, sept vidéos commentées de sculptures en extérieur. Un bon exemple.

Suivant les lieux et les pays, les restrictions de tournage peuvent beaucoup varier. Enfin, filmer dans une exposition, où le contact direct entre l'auteur d'une œuvre et le vidéaste peut s'établir, est souvent moins contraignant et offre une plus grande liberté d'action.

Au fil du temps, les conditions de tournage dans les musées deviennent, a priori, plus restrictives pour les amateurs. Extrait du règlement des musées de Paris (www.paris.fr/portail/culture) : "les oeuvres peuvent être photographiées ou filmées pour le seul usage privé de l'opérateur. Le musée décline toute responsabilité au regard de tout usage public non déclaré. (...) Pour la protection des oeuvres comme pour le confort des visiteurs, l'usage des flashes, des lampes et autres dispositifs d'éclairage est interdit. Il est interdit de photographier ou de filmer les installations et équipements techniques. (...) Tout enregistrement, prise de vue ou prise de son dont le personnel et le public pourraient faire l'objet nécessitent, outre l'autorisation du chef d'établissement, l'accord des intéressés."

Celui du musée du Louvre (www.louvre.fr) qui, dans son titre 6 annonce la couleur : "L'interdiction de photographier ou de filmer dans toutes les salles d'exposition du musée fera l'objet d'une mise en oeuvre progressive. À titre transitoire, à compter du 14 septembre 2005, il est interdit de photographier ou de filmer dans la galerie d'Apollon et dans l'ensemble des salles de peintures du premier étage de l'aile Denon (salles de peintures italiennes, espagnoles et françaises) ainsi que sur le palier où est exposée La Victoire de Samothrace. Cette interdiction s'applique aussi aux installations et aux équipements techniques."

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#2 - Monuments

par Gérard Sales

6 - Se positionner

7 - Amorcer le sujet

8 - Faire varier la focale

9 - Utiliser un grand angle

10 - Créer un mouvement

11 - Se déplacer en filmant

12 - Donner du relief

13 - Mettre en scène

 

6 - Reportage d'architecture: se positionner

Face à des réalisations architecturales hors du commun qui "crèvent" les yeux, il est difficile de résister au plaisir de les filmer. Mais il est ardu de caser dans le cadre des constructions monumentales et souvent complexes tout en les détaillant au mieux. Et comment dynamiser un tel tournage pour éviter de tomber dans le diaporama soporifique? L'architecture est en effet synonyme de stabilité et immobilité. On ne peut guère espérer faire bouger un mur, une colonne ou une statue ! Par conséquent, soit la caméra doit se déplacer: devant, derrière, autour et si possible dessus, et dedans, soit le cadre doit s'animer d'une façon ou d'une autre. Quelques techniques, applicables à la majorité des édifices, vous permettront ainsi de mieux "architecturer" votre film.

Selon le choix de la hauteur et de l'angle de prise de vues, on valorise ou au contraire, minimise le sujet. Le plan en plongée est rarement possible avec des constructions monumentales (sauf vue aérienne), il est cependant intéressant pour visualiser l'aspect général du bâtiment et le situer dans son environnement. Mais il a tendance à gommer les perspectives et aplatit les détails architecturaux. Le plan "neutre", au niveau du sol, permet de donner une idée de sa taille réelle, surtout si l'on dispose d'un repère d'échelle (personnage, véhicule, etc.). La contre-plongée a tendance à le faire paraître plus grand et étire exagérément les détails de façade si l'on est trop près. Il vaut mieux alors, dans ce dernier cas, s'attacher à un détail par un cadre plus serré.

Un point de vue bien choisi permet de créer un rapport visuel intéressant. Ainsi, on peut jouer sur l'opposition moderne-classique entre avant-plan et arrière-plan. De plus dans la vue de Montpellier citée en exemple, derrière la statue, les immeubles d'Antigone, récents, sont de style plus "classique" que les constructions "modernes", à droite, pourtant plus anciennes. De même avec la Sagrada Familia de Barcelone, on découvre que le plus moderne (au fond) n'est pas forcément le moins classique. Autre point, filmer un mur, même s'il est beau et finement détaillé, donne un sentiment de platitude en plein cadre. En se décalant sur le côté ou en reculant un peu, on obtient un plan plus large, incluant une portion de ciel. Ainsi le spectateur se repère mieux dans l'espace. On combine ensuite les deux plans au montage.

Lorsqu'on filme un bâtiment de face, veillez à éviter toute inclinaison (sauf tour de Pise, évidemment). Repérez dans le cadre un élément habituellement reconnu comme droit: angle de mur, colonne ou montant de porte et faites en sorte que la bordure du cadre reste bien parallèle à une ligne verticale de cet élément.

Se stabiliser pour éviter la bougeotte. Avec un trépied (au besoin un mini) ou bien calé au sol, sur un muret, un banc, voire avec un petit sac de sable, on obtient une plu grande stabilité qu'avec le stabilisateur interne. Il est même recommandé de le désactiver s'il est numérique afin d'éviter une dégradation de l'image. Par contre conservez-le dès que la caméra est tenue à la main lors d'un déplacement.

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7 - Amorcer le sujet

Le tout premier plan d'un film est une accroche. Plusieurs options s'offrent à vous. Le plus courant est le plan général (PG) au grand-angle: fort utile pour visualiser l'ensemble du bâtiment d'un seul coup d'oeil (idée de volume, échelle, emplacement). Inconvénient: il ôte tout effet de surprise en déflorant le sujet. De plus, trop lointain, il risque de noyer le sujet dans son environnement. Plus original est le gros plan (GP) : il suscite la curiosité du spectateur en attirant le regard sur un détail intéressant. Le choix d'un très gros plan en début de séquence extrait le détail architectural de son environnement et le rend parfois presque abstrait, au point qu'il devient difficile dans les plans suivants de le restituer au coeur de l'ensemble du monument. Enfin le plan en demi-ensemble présente bien le lieu sans trop dévoiler ses spécificités. Mais il n'offre ni vision d'ensemble de l'architecture ni effet de surprise.

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8 - Faire varier la focale

a) Avant enregistrement pour choisir son cadrage dès qu'il est impossible de s'approcher d'un élément architectural. Mais aussi lorsque l'on désire diminuer la profondeur de champ pour atténuer un fond sans attrait ou un premier plan inintéressant.

b) Pendant l'enregistrement pour agrémenter la séquence en créant un mouvement (optique) via le zoom. Attention à ne pas tomber dans le piège de la zoomite : trop de zooms successifs finissent par déstabiliser le spectateur qui ne sait plus sur quoi fixer son attention.

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9 - Utiliser un grand angle:

Il est fort utile pour faire entrer l'ensemble d'un édifice, dans le cadre lorsqu'on ne dispose pas d'un recul suffisant. Mais cet accessoire accentue les courbures sur sa périphérie et fait pencher les verticales, pouvant ainsi complètement fausser l'aspect réel du lieu. La majorité des camescopes se limitant à une équivalence d'environ 40-45 mm photo en GA, un complément optique de facteur x0,5 à x0,7 à visser sur l'objectif peut s'avérer très utile. Attention cependant à le tester avant usage car il provoque parfois du vignetage, c'est-à-dire l'apparition d'une bordure noire dans les coins. En effet, l'objectif étant rond et le capteur carré, c'est en fait le bord en plastique du complément optique que l'on «accroche» dans les 4 coins.

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10 - Créer un mouvement

Il faut faire bouger le camescope, plutôt que d'essayer à tout prix de caser une architecture trop imposante dans le cadre, il est souvent plus rapide et non moins intéressant de l'explorer par un panoramique vertical ou horizontal. On peut ainsi se permettre de rester plus près, de mieux cadrer les détails et de proposer au spectateur une découverte progressive. Evitez de commencer par un plan vide et profitez d'un passant pour donner une idée plus précise de la taille réelle, ici une porte monumentale.

Créez des "points clés". La tendance naturelle est d'exécuter un mouvement de caméra "direct". Cependant quelques variations dans le déplacement et le cadrage offrent un rendu plus dynamique. Improvisées, elles risquent fort de donner au final une impression de valse-hésitation, voire d'aboutir à de nombreux flous lors de zooms mal maîtrisés. Il est donc préférable de préparer "à blanc" un parcours en panoramique ou travelling et de peaufiner ses réglages (focale et surtout netteté). Divisez mentalement l'espace en zones faciles à reconnaître et repérez à l'intérieur de chacune d'elles les éléments les plus significatifs (statue, colonne, porte). Ceux-ci agiront ensuite comme des repères visuels, des sortes de points clés utiles pour caler le cadrage ou déclencher des variantes. Par exemple, zoomer sur un élément remarquable ou changer de direction dans le mouvement. Faites une petite pause à chaque fois (2-3 secondes) afin de laisser le temps au spectateur d'analyser le contenu du plan. De plus, si au visionnage le mouvement ne s'avère pas très bon, vous pourrez ainsi récupérer cette série de plans fixes rapprochés et les combiner au montage avec un plan général.

Généralement dotés de zooms optiques corrects (entre x10 et x25), les camescopes possèdent souvent en sus un zoom numérique ultra puissant (de x100 à x700). Ce dernier, le plus souvent indiqué en gros sur la coque, n'est pas le meilleur! Agissant sur les pixels comme une loupe, ils finissent par devenir visibles et l'image perd alors sa finesse. Bien qu'utile aux amateurs de scoops et autres paparazzi, il ne se justifie pas dans la plupart des cas. Solution accessoire si vous vous sentez limité: se munir d'un complément optique téléobjectif de facteur raisonnable (x1,5 à x5) à visser devant l'objectif et qui dénature moins l'image. Le plus léger et le plus court est à privilégier, afin de ne pas alourdir l'avant du camescope (surtout de paume). Il en existe une large gamme chez les mêmes constructeurs que pour les grand-angles. Et si vous êtes un adepte de l'ultra zoom de qualité, optez plutôt pour un camescope à objectif interchangeable, grâce à une bague adaptatrice, accepte tous les objectifs photo en multipliant leur focale d'origine par 7!

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11 - Se déplacer en filmant

Lorsque la réalisation architecturale s'étire sur une longue distance et que le déplacement est aisé, le travelling s'avère idéal pour mettre en valeur les perspectives et l'unité de l'ensemble. On peut le combiner avec de petits panoramiques sur des détails intéressants voire quelques coups de zoom, à condition qu'ils aient été préparés au préalable afin d'éviter flous et bougés. Le travelling est également utile pour tourner autour d'une statue ou longer une avenue en déplacement latéral, à bord d'un véhicule par exemple.

Après un plan d'ensemble, allez vous placer derrière une fontaine, puis déplacez-vous pour faire des plans de détails. Que ce soient des plans fixes, des panoramiques ou des travellings. La profondeur de champ est mérialisée par la zone nette devant l'objectif, de l'avant-plan à l'arrière-plan. Elle varie selon 3 critères: focale, diaphragme, distance sujet-caméra.

Elle diminue lorsqu'on zoome (longue focale), lorsque la lumière est faible obligeant le diaphragme (iris) à s'ouvrir beaucoup. Egalement lorsqu'on s'approche physiquement d'un sujet. La mise au point devient alors plus difficile et n'est possible que sur une petite partie de la scène.

A l'inverse elle augmente en grand-angle (courte focale), lorsqu'on ferme le diaphragme et quand on s'éloigne du sujet. La mise au point est facilitée (tous les autofocus fonctionnent bien dans ce cas-là!) et effective de très près à très loin.

Il suffit donc de combiner diaphragme (lumière), focale (zoom) et distance pour amplifier ou au contraire réduire le phénomène selon ce que l'on veut montrer ou pas.

Paramètres diminuant la profondeur de champ:

Lumière importante diaphragme (iris) peu ouvert

Courte focale (grand-angle)

Camescope éloigné


Paramètres augmentant la profondeur de champ

Lumière faible

Diaphragme (iris) très ouvert

Caméscope rapproché

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12 - Donner du relief

On peut donner plus de profondeur à l'image, c'est-à-dire un effet de relief, en incluant dans le cadre un élément fixe en premier plan ou dans le fond. Celui-ci se doit d'être suffisamment neutre pour ne pas détourner l'attention du sujet principal : les mosaïques. Si nécessaire on le rend un peu flou en diminuant la profondeur de champ. On obtient également de bons résultats en jouant sur les variations entre l'avant et l'arrière-plan de différentes masses lumineuses, taches sombres ou claires, zones colorées ou avec un fond uni.

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13 - Mettre en scène

Inanimée par excellence, l'architecture réclame une petite dose de mise en scène pour que le plan prenne vie. Saisissez la moindre opportunité de tout élément mobile susceptible de traverser le champ : passant, animal, véhicule, personnage de votre entourage qui se prête au jeu pour dynamiser artificiellement le plan en exécutant un déplacement prétexte ou tout simplement remplir un banc vide. Cet autre plan ne donne que peu d'indications sur la taille réelle de la construction. Grâce à la présence humaine on dispose immédiatement d'un élément de comparaison. Il ne faut pas hésiter non plus à traquer l'insolite ou l'étrange, voire à le créer soi-même par une position particulière de point de vue. Les plus audacieux profiteront d'un accessoire incongru (fruit du hasard ou pas...) pour y inclure aussi une pointe d'humour.

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