Plans en contre-plongée

Lorsque l'axe optique de l'objectif est incliné vers le haut, on parle de plan en contre-plongée. Les objets filmés de cette façon apparaissent plus grands qu'ils ne le sont en réalité. Cet axe confère de la puissance au sujet, donnant l'impression qu'il domine les objets qui se trouvent en dessous. En voici deux exemples, tirés de ET.

Deux exemples tirés du film ET de Stephen Spielberg, la première lorsque nous voyons pour la première fois ET se promener dans la forêt: il est filmé en plongée. II nous paraît petit et faible. Nous raccordons ensuite avec un plan en contre-plongée, qui n'est autre que le plan subjectif d'ET. Nous voyons ensuite ET regarder les séquoias qui l'entourent ; dans ce plan en contre-plongée, ET semble encore plus vulnérable que dans le plan en plongée car l'accent est mis sur la taille des séquoias, qui paraissent planer au-dessus de sa frêle silhouette.

Le second exemple, lorsque deux pages plus loin dans le scénario, les ennemis d'ET arrivent. Le plan en contre-plongée traduit ici encore le plan subjectif d'ET. Les camions, filmés par en dessous, apparaissent comme de gros monstres grondants, aux lumières aveuglantes. Nous supposons qu'ET ne sait pas très bien si les camions qui arri­vent sont des êtres vivants ou des robots.


La valeur dramaturgique de la contre-plongée: les séquoias et les camions acquièrent de la puissance et du poids, et contribuent à nous faire ressentir la vulnérabilité de la créature. Le fait même que ces plans soient subjectifs, et que nous voyions les séquoias et les camions comme ET les voit, c'est-à-dire énormes et menaçants, nous le rend encore plus sympathique.