Le clair obscur : chandelles et télé

Le clair-obscur en peinture est resté associé aux tableaux de La Tour ou de Rembrandt, lorsque la lumière semble émaner du sujet lui-même.

Cet effet peut être obtenu au cinéma par une source lumineuse fortemùent rapprochée des personnages, telle qu'une bougie, comme dans Barry Lindon de Stanley Kubrick, ou que la lumière plus froide d'une télévision à tube cathodique (qui n'est qu'une version "moderne" de la bougie ou de la conterie autour du feu).

L'éclairage télé est souvent scintillant, plat et sans ombre. S'il agit de plus d'une télévision populaire, il y aura des rires pré-enregistrès bien beaufs. En adoptant ce type d'éclairage, le sujet traité peut acquérir une certaine force dramatique, ou ridicule.

L'éclairage aux chandelles a des qualités intrinsèques qui mettent le visage en valeur, adoucissent et réchauffent les carnations. Il évoque les scènes sentimentales, la fête galante, l'harmonie, tout en restant historiquement associé à une époque ancienne. Pour rester aussi proche que possible de la vérité historique, Stanley Kubrick réalisa entièrement Barry Lyndon en n'ayant recours qu'à la lumière naturelle et à l'éclairage aux chandelles qu'il put capter grâce à un fameux objectif que lui prêta la NASA.

Le clair-obscur peut également être obtenu à l'aide d'une lumière plus froide telle celle d'un néon, pas éclairage sous-jacent. L'impression de "froideur douillette" qui peut s'en dégager comme dans cet extrait d'Orange Mécanique, est quelque peu paradoxal.

 

Un autre très bel exemple de pur clair-obcur est donné par le long monologue du colonel Kurtz, avec l'officier venu le tuer sur ordre, dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola.