Les sons au cinéma

Les différents sons

Il existe quatre types de sons possibles dans un film :

Si la voix du narrateur et les dialogues sont des procédés narratifs bien connus car issus de l'écriture de romans, en revanche peu de scènario mettent en oeuvre les bruitages de manière très développée.

Les réalisateurs utilisent plus les symboles visuels que les symboles auditifs. Mais de la même façon qu'ils inventent une métaphore visuelle, un bruitage peut traduire une métaphore auditive et une idée à faire passer au spectateur. Les bruitages peuvent être évidents ou ne se révéler que furtivement, ils doivent attirer intentionnellement l'attention. Ils peuvent également être associés à un type d'événement (à la façon d'un leitmotiv musical associé à une situation) ou à un personnage spécifique (à la façon d'un thème musical associé à un personnage comme dans Pierre et le Loup). Lorsqu'un son est associé à un personnage, il est associé aux tags (marques) de celui-ci : par exemple, crunch-crunch sera associé au personnage dilettante qui croque des cacahuètes.

Lorsque le son participe à l'expression d'une scène, il est appelé son diégétique (c'est à dire faisant partie de la narration). Les bruitages extêrieurs, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas visuellement liés à la scène ou à l'histoire (et non pas été saisis sur l'instant du film), sont appelés non diégétiques, et peuvent avoir pour but de renforcer l'intensité dramatique d'une scène.

Les bruitages

Bruitage réaliste

Lorsque le bruitage correspond naturellement à la scène filmée, il s'agit d'un bruitage réaliste. Le fond sonore peut être qualifié de son d'ambiance, il peut courir dans le champ ou hors champ peu importe. Le fait d'ajouter un bruitage, comme le son d'un klaxon, un bruit de métronome, le bourdonnement d'un moustique, peut modifier totalement le caractère d'une scène.

Expressif

Un bruitage expressif est un son réaliste retravaillé en studio et repiqué sur la bande son: il peut s'agir d'une sonnerie de téléphone qui commence à sonner normalement puis se met soudain à résonner de plus en plus fort. L'amplification (ou son inverse, l'atténuation) doit prendre un sens dramatique, s'insérer dans une idée.

Surréaliste

Ces bruitages sont souvent utilisés pour appuyer les pensées intimes d'un personnage, ses cauchemars, ses hallucinations, ses rêves, ses désirs. On peut entendre, par exemple, le rire d'un enfant au moment où une femme ramasse une poupée. Cet effet, qui donne souvent à la scène une tonalité étrange et surréelle, est appelé méta-diégétique. Il est très utilisé par les films d'horreur. Il peut aussi servir à introduire, via un pont audio, un flash back.

Le son surréaliste est extradiégétique (ou métadiégétique: au-dessus du récit) et il exprime le monde intérieur d'un personnage ses rêves, ses hallucinations, ses désirs, etc. Le héros regarde un paysage de plage en carte postale et entend les vagues et les mouettes : une façon de plonger le spectateur dans les fantasmes du héros du film.

Une fois que le réalisateur a franchi (et à sa suite le spectateur) le seuil du réalisme et accepté que les effets sonores ne sont pas forcément tous ancrés dans la réalité, il est possible d'exprimer toutes les pensées enfouies d'un personnage. En effet, le meilleur usage qu'un réalisateur peut faire de l'audio pour surprendre un spectateur, c'est de rompre la correspondace supposée entre l'image et le son, lesquels ne se répondent pas nécessairement. C'est même ce décalage qui augmente l'intérêt d'une séquence, en laissant supposer que le spectateur est à même de partager les pensées intimes du héros.

Extérieur

Un bruitage extérieur est un son extérieur à la scène et qui ne peut donc être, de toute évidence, ni entendu ni provoqué par les personnages. Cet effet a pour but d'attirer l'attention du spectateur sur la signification de la scène (un son de cloches pour un mourant, par exemple) est appelé non diégétique.

Valeur dramaturgique des sons


Le scénariste peut indiquer une métaphore auditive particulière ou le climat sonore d'une séquence, mais dans la plupart des films les monteurs-son ont la charge de la majeure partie de ces effets. Ces bruitages sont des procédés narratifs aussi puissants que les dialogues et l'image. Ils doivent être utilisés à propos, ne pas être trop surprenants pour ne pas devenir comiques et ne pas prendre le pas sur l'écriture. De même que pour les autres éléments du scénario, le réalisateur a toute latitude pour les supprimer ou les intensifier.

Voici quelques idées à prendre en compte :