Psychose (1960)
Scenario : Joseph Stephano.
Version révisée, décembre 1959. D'après le roman de Robert Bloch.
MARY SOUS LA DOUCHE
Au dessus de la barre sur laquelle est suspendu le rideau de douche, on peut voir la porte de la salle de bains; elle n'est pas complètement refermée. Pendant un moment, nous regardons Mary se laver et se savonner.
Ses yeux gardent toujours un petit air inquiet, mais de façon générale elle semble quelque peu soulagée.
Nous voyons maintenant la porte de la salle de bains s'ouvrir doucement .
Le bruit de la douche couvre tous les sons. La porte se referme alors doucement et soigneusement.
Nous voyons l'ombre d'une femme tomber sur le rideau de douche. Le dos de Mary est tourné vers le rideau. Le blanc de la salle de bains est presque aveuglant.
Nous voyons soudain une main se lever, empoigner le rideau de douche, l'arracher de côté.
PLAN CUT DE TRES GROS PLAN DE MARY
Mary se retourne en réponse à la sensation et au BRUIT du rideau arraché. L'horreur se lit sur son visage. Un gémissement sourd terrible commence à sortir de sa gorge. Une main vient dans le plan. Elle brandit un énorme couteau à pain. L'acier de la lame pénètre dans l'écran jusqu'à le remplir presque totalement : une couleur argent.
LA LACÉRATION
Le sentiment d'un couteau qui taillade, comme s'il tranchait l'écran même, et déchirait le film. Sur tout cela, de brefs cris étranglés. Et puis le silence. Et puis le bruit sourd et effrayant du corps de Mary qui s'effondre dans le bac à douche.
CONTRECHAMP
La blancheur vide, la buée de l'eau de la douche, la main qui retire le rideau de douche. On entrevoit le vacillement du eurtrier. Une femme, le visage contorsionné par la folie, les :neveux qui lui donnent un air sauvage, comme si elle portait une perruque d'épouvantail. Ensuite nous ne voyons plus que le rideau, fermé sur le bac à douche, et nous entendons l'écoulement précipité de l'eau. Au-dessus de la barre de douche, nous voyons la porte de la salle de bains de nouveau ouverte et, après un moment, nous ENTENDONS le BRUIT de la porte d'entrée qui claque.
CORPS MORT
Gisant, à moitié dans le bac à douche, à moitié dehors, la tête renversée, touchant le sol, les cheveux mouillés, un s'il grand ouvert comme s'il était crevé, un bras flasque et mouillé étendu sur le carrelage. Nous voyons de petits filets de sang glisser le long de la paroi du bac, courir épais et sombres le long de la porcelaine. La CAMÉRA S'ÉLOIGNE du corps, avance doucement dans la salle de bains, dépasse les toilettes et sort dans la chambre. Alors que la CAMÉRA se rapproche du lit, nous voyons le journal plié comme Mary l'avait posé sur la table de nuit.
