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Le bonheur est-il à vendre?
Rêve de consommation exponentielle
Le pathos c'est le matos (...)
Et n'essaie même pas de leur chanter
Que l'argent ne fait pas le bonheur, ils veulent tester.
Mc Solaar
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groïïïnk |
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Souvent lorsqu'un crétin dit:
"L'argent ne fait pas le bonheur", un autre crétin enchaîne par un :
"Oui, mais ça y contribue!" Eh bien, non! Le Conotron ose le clamer haut
et fort: l'argent ne fait, ni ne contribue en rien au bonheur!
Tout simplement parce que notre bonheur n'est pas à vendre. Bien sûr,
nous vivons dans des économies outrancièrement monétarisées. Mais si tout se monnaye
et si tout a un prix, tout ne s'achète pas pour autant.
L'argent permet de s'acheter une tri-thérapie mais pas la
santé, un livre mais pas la culture, un job de président de la France ou des Etats-Unis,
mais pas la considération (en tout cas pas la mienne) une passe pour se vidanger les
gonades mais pas l'amour.
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L'argent n'a jamais acheté la paix mais plus souvent des armes. Et
c'est ainsi que près d'un quart de l'humanité vit dans un pays en guerre. L'argent
n'achète pas la liberté mais plus souvent du fil barbelé, et c'est pourquoi plus de la
moitié de l'humanité vit sous une dictature.
le bonheur caché des îles |
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Pourtant il existe des riches, qui sont nés riches le plus
souvent. Et on les plaint de tout coeur. Ou des pauvres qui sont devenus riches, les
inconscients.
Alors pour les riches, rien que pour eux, les grands philosophes
(Bouddha, Jésus, Mahomet et les autres) ont inventé quelque chose de fantastique. Leur
bonheur est dans le don.
Si l'argent ne fait pas le
bonheur, rendez-le disait Jules Renard. Quel
humoriste... Rendez-le en échange du sourire
d'un enfant, d'un lever de soleil sur une mer bleue turquoise, d'un clair de lune sur
un glacier, du chant d'un merle.
Ni le mystique, ni l'obsédé sexuel ne croit vraiment que l'argent
fasse le bonheur. Leur bonheur est ailleurs, forcément ailleurs. Pourquoi ne sommes nous
pas tous obsédés par quelque chose d'autre que de ce signe ostentatoire?
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Vous pourriez aussi bien vouloir suivre la voie de
la diarrhétique : " Le monde ne vous convient pas ? Plutôt que
changer le monde, changez vous ! "
Parce que cest vrai finalement, c'est fastoche
dêtre malheureux : il suffit seulement de sempêcher de constater sa
joie de vivre. Besoin de personne, rester soi tout seul. Faire en sorte dêtre
incapable de ressentir. Refuser davancer sur le chemin de la vie. Refuser le temps
qui passe. Pourquoi ?
Par peur de se perdre. Mais ce sont ceux qui nont
pas compris que cest dans la perte que le perdu se retrouve. Perte dargent,
perte de sa carapace, de ses fausses défenses, de ses fausses amours : pour mieux se
retrouver...
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La société de "consommation
de soi" (Dominique Quessada) fait de "la poursuite du bonheur", telle
qu'elle est inscrite dans le marbre de la Constitution des Etats-Unis, une obligation
absolue. Depuis quelques années il n'y a plus de droit au bonheur, mais un devoir de
bonheur. Et il faut de l'argent, beaucoup d'argent, de plus en plus d'argent - un peu de
pétrole également - pour étancher cette soif de destruction/consommation suscitée à
l'infini.
J'ai du plaisir et je suis
heureux. Plaisir et bonheur sont souvent confondus par la société mercantile qui est la
nôtre. L'un est un état, tandis que l'autre s'acquiert. Et si les plaisirs peuvent
s'acquérir, ils se monnayent nécessairement. Comme si l'avoir fondait l'être: ce n'est
que connerie à l'état pur. La grande confusion moderne sur le bonheur réside dans ce
simple auxiliaire verbal, confusion et errements entre l'Etre et l'Avoir.
Xavier RUGIENS
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